Une vie sans titre ch.2 : Abdelhamid Elbadaoui

آخر تحديث : الإثنين 26 يوليو 2021 - 12:51 مساءً
2021 07 23
2021 07 26

…J’en ai profité pour lui faire entendre ce que je pensais être un compliment : « votre tête H. est un vrai réservoir de connaissances. Je vous envie pour la richesse que vous colportez dans ces haillons. Oh que c’est grotesque ! »

H. la folle ne semble pas Du tout soucieuse de son apparat. C’est plutôt elle qui reproche aux intrus d’aller mettre leur nez ailleurs. Un jour, pour répondre à l’harcèlement d’un passant prétentieux, elle lui dit en toute conviction et fierté :

« Si je suis sale comme tu dis nigaud, au moins, je ne me soucie de rien. Je suis bel et bien heureuse et à l’aise dans ma robe de putois. J’adore toutefois la constance. Moi, je n’ai pas besoin d’un miroir pour réajuster ma beauté, me tromper et tenter de tromper les autres. Mon miroir, tout affreux qu’il soit, je le porte et me l’incarne, quitte à déplaire aux malappris de ton espèce. »

Mariée et répudiée, recueillie par la rue et l’errance, lapidée par la providence, H.la folle fit fi de tout, même de son prénom chargé de sens ; dérivant du substantif « amour ». Devenue paranoïaque, elle projette sa haine sur tous les hommes. Au fond, elle n’avait pas tout à fait tort d’adopter une telle attitude. Les gens de son environnement ne se lassent pas de manifester leur méchanceté. Ils adorent railler et mépriser une créature qui ne demande que son droit à l’existence…

Prenant une posture de chaman, et pour voyager dans sa transe, elle grommela quelques mots teintés d’hermétisme pour rentrer par la suite dans un terrible autisme.

Je me tenais figé dans un coin, faisant semblant de détourner mon regard. Elle se leva soudain comme prise d’épouvante, ramassa le peu de meuble qu’elle possédait ; une couverture délabrée, peuplée de poux et de puces, un oreiller tout noir qu’elle bourrait chaque soir de plaintes interminables. Comme elle était sans abris, elle avait des coins de chute et des repères partout dans la ville. Elle hantait de préférence un lieu public, espace idéal pour la mendicité quoiqu’elle en soit souvent chassée. H. La folle y revenait par trous de mémoire peut-être ou par désir de provocation !

Mère de quatre enfants qu’elle trimballait comme des objets de compagnie et dont elle est propriétaire sans valeur significative. Une pénalité du destin ou lâcheté des hommes !!!

Faty, l’unique de sa progéniture, fit évasion du domicile ambulant dès le prologue de son adolescence pour s’orienter vers les cieux de son moi. Il est vrai que l’oisiveté est mère de tous les vices mais l’indigence est mère d’actes délictueux et de tant d’imprudences.

Comme elle faisait la navette à pieds entre deux villes principales, H. La folle était proie à de multiples dangers ; aucune couverture ne pourrait lui servir de bouclier. Les usagers de la route répugnent de la voir à bord de leurs véhicules à cause de sa crasse et de ses odeurs d’urine que son corps dégage. Et quel corps ! Quelle immunité ! Résistante ma foi aux intempéries malgré les dévorantes misères. Pour elle, les épidémies n’ont pas de place dans son jargon. les vitamines, les valeurs nutritives et les bonnes manières sont des choses réservées aux aristocrates dont elle n’a jamais rêvé faire partie.

Remarquez, l’alimentation qui préoccupe les gastro-entérologues les plus réputés, semble les décevoir devant certains cas. J’ai déjà vu des spécimens, qui par leur régime alimentaire, auraient même étonné les plus grands chercheurs et laborantins du monde entier. Un certain Hassan, citoyen et originaire de la même ville; un énergumène, de stature impressionnante, mangeur de poulets morts ramassés dans les poubelles du quartier. Hassan a toujours subtilisé un bidon-poubelle lequel faisait office de marmite pour sa carne. Dans une rivière bordant la ville, existe une grotte où Hassan faisait cuire sa charogne.

Il n’était pourtant pas radin. De temps en temps, un ou deux chiens errants partageaient son festin. On en retrouvait parfois un mort dans les parages mais on ignorait la véritable cause. Hassan, lui, tenait le coup. Il frôlait la soixantaine et n’a jamais souffert d’une quelconque pathologie. Il a vécu contre vents et marrées et pétant de santé .

H. la folle, quant à elle, elle profite de ses jours de santé pour se montrer imposante en dépit des railleries de ses congénères. Elle ne s’attend ni à une pluie de perles ni à un antre en diamants pour goûter à la richesse ou se parer en princesse. Ses sautes d’humeur la privent même d’avoir une foi et une morale où elle pourrait étouffer ses malheurs par la prière et le recueillement. L’aversion, le mépris, le dédain, la misère, la souillure ; principaux constituants de la sphère de la malheureuse. Mais, ses enfants ! Parviendront-ils à se hasarder hors de cette territorialité ? Son dernier enfant, C’est une fille, la seule qui lui reste d’ailleurs, va bientôt entrer dans la légende.

Une vie sans titre Plume : Abdelhamid Elbadaoui

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التعليقاتتعليقان

  • Une belle narration qui mérite tous les encouragements et toute l’attention, ses paragraphes sont cohérents, objectifs et déterminés,,, bien que je n’aie pas lu le texte précédent, mais la deuxième partie écrase tout suivi,,, continuez et ne lésinez pas sur nous avec tout nouveau,,, Merci Hamid

  • السلام عايكم. عيدك مبارك سعيد الاخ الكريم حميد .يبدو ان حياة بدون عنوان تيسر نحو النجاح التام .تبارك الله عليك اخي وفقك الله فيما تسعى اليه .شكرا مرة اخرى على ابداعاتك التي لا تنتهي بعد مشوال طويل في ميدان التربية و التعليم .وفقك الله