.Souvenir indélébile de la marche verte

.Souvenir indélébile de la marche verte

السبت 4 نوفمبر 2017

Le six Novembre 1975 était le jour inébranlable d’une fête fameuse pour le peuple marocain entier. C’était un moment opportun, une scène certainement parfaite. C’était l’époque où tous les citoyens, sans exception avaient répondu à l’appel de leur roi, feu Hassan II. C’était l’anniversaire de la marche verte extraordinaire à laquelle avaient participé trois cent cinquante mille personnes. Or hommes et femmes s’étaient précipités des villes, des campagnes, des montagnes et de tous les coins les plus lointains du royaume pour se diriger vers le Sahara. Certains bambins vont se demander comment les marcheurs s’étaient déplacés. Sachez chers enfants que plus de sept mille véhicules comme il est cité dans l’histoire avaient transporté non seulement les personnes mais aussi la nourriture, l’eau, les médicaments, les couvertures, les tentes et tout ce dont on avait besoin. C’était fatal ! Voilà comment s’étaient déroulée la marche verte : suivez-moi jusqu’au bout car c’était un fait accompli. Dès que le Roi avait donné le signal de passer à l’action et de franchir la frontière artificielle, une foule immense traversa cette frontière faite de fils de fer barbelés pour interdire le passage. C’était une ère impérissable ! Tout le monde voulait aller voir ce pays dont le climat était agréable. Et juste après la déclaration magistrale, les marcheurs, sans crainte, sans armes avançaient à pas de géant en brandissant le drapeau rouge et en récitant en même temps quelques versets du Coran. Ce fut un moment solennel, c’était un vif sentiment de satisfaction pour ces courageux marcheurs qui avaient arraché les fils barbelés avec leurs propres mains, fait leur fervente prière sur le sol retrouvé en s’adressant au ciel : Seigneur, facilite-nous les choses et ne les rend pas difficiles ! Le déclenchement de la marche fut avec curiosité, ce n’était ni avec sévérité, ni avec force. Plus de doute après l’accord donné, plus de subterfuge, plus d’inconvénients. C’était pour aller ramener le Sahara à la mère-patrie et non pas pour le conquérir car le Sahara a toujours appartenu au Maroc. C’était en ce cas pour le défendre et le délivrer. Il n’y avait plus de mines enterrées dans le sable, plus de bombes explosives, plus de soldats cachés quelque part. On était en sécurité. En apercevant le drapeau marocain planté sur la terrasse d’un poste, flotter dans l’air, une salve d’applaudissements, suivis par des you-yous stridents déchirèrent l’atmosphère. Une lueur immense se lit sur les visages des marcheurs. Quelle victoire brillante ! On dirait l’éclatement d’une guerre ! A cet éclat, tout s’était éclairé, révélé. Ce n’était ni guerre-éclair, ni attitude agressive. Mais tous les marocains civiles ou militaires étaient sur le pied de guerre dussent mille dangers les menacer. C’était Dieu merci un succès législatif, une bonne issue odoriférante, une loi réactive. Grâce aux efforts précieux des bénévoles, la rétrocession s’était dévoilée, la réoccupation était inutile. C’était le butin d’une bonne chance. Cela devait arriver ! Chers lecteurs, chers lectrices : si vous suivez les diverses étapes déjà filmées de cette marche à travers l’écran de votre télévision, vous direz : Ah ! Si nous étions en vie à cette époque-là, nous y aurions participé nous aussi mais nous étions encore des fœtus dans le ventre de nos mamans. Voilà pourquoi nous l’avions manquée belle. Revenons à nos moutons. Ce fut une joie débordante pour l’ensemble des volontaires, une jubilation pour eux d’agir en citoyen à cause d’un devoir national. On foulait le sol exotique qui était sous l’occupation espagnole il y a belle lurette. Il n’y avait aucun risque. Le sol en était déminé. Le déminage était fait auparavant. On avançait avec acharnement en récitant le Coran en chœur, en élevant d’un geste brusque du bras l’étendard de la gloire et du bonheur. C’était agréable à voir et à entendre. Ah ! Si nous y avions assisté, nous aurions savouré le spectacle ! L’arme était la patience, la foi, la confiance en Dieu et le livre sacré (le Coran). On hâtait les pas avec la certitude que tout allait se passer à merveille sans qu’il y eût le moindre danger car le sol était neutre : pas d’ennemis, pas de mines enfouies. Au cours de ce départ chaleureux, le monde entier attendait ce qu’il allait advenir des vaillants marocains et marocaines qui avaient préféré sacrifier leur vie à leur patrie. Sachez mes jeunes que le but essentiel a été primo le rétablissement de la situation, secundo l’achèvement de l’intégrité territoriale. Ces nobles marcheurs qui étaient partis à titre bénévole avaient donné un bon exemple à la partie adverse étant donné qu’ils étaient protégés de tous les côtés et escortés de près et même de loin par des soldats en effervescence qui étaient sur le point de faire couler leur propre sang pour leur patrie, de combattre héroïquement, le torse nu, sans rien craindre. Tout était pour récupérer les provinces sahariennes de telle sorte que l’antagoniste n’y étatisât pas demain. Pour cela, tout le monde était sur le qui-vive à mourir pour cette patrie la bien-aimée. En entendant le ronflement des camions lourdement chargés de vivres, de médicaments, de remèdes se diriger en file indienne vers les provinces réintégrées, les cœurs de tous les participants se divertissaient. Dans toutes les mosquées, les croyants priaient humblement pour la grandeur, la gloire et le bonheur de leur pays décolonisé. Le bon Dieu n’avait frustré l’espoir de personne. Par contre, Il avait exaucé leur prière ardente. Le ciel avait ouvert toutes ses portes à leurs cœurs pleins de piété. Par une vague chaleur, les marcheurs après avoir franchi les frontières factices confirmèrent leur solidarité, leur fraternité. Ils réclamèrent en même temps leur solide marocanité et leur attachement profond au trône Alaouite. C’était une cohue grouillante ! C’était un spectacle qui fendait le cœur ! On criait à gorge déployée, on riait aux éclats, on applaudissait à tout rompre. On implorait le secours de Dieu, son appui et la sauvegarde de la vie humaine. Des gens remerciaient le Tout-puissant de cette heureuse et favorable occasion qui était pour tous les marocains (hommes et femmes, grands et petits ) un don céleste, un trophée, bref une victoire inattendue. Certains baisèrent le sol regagné avec avidité, d’autres chantaient toutes sortes d’hymnes nationaux, les yeux mouillés. Les drapeaux rouges aux étoiles vertes flottèrent au-dessus de leurs têtes, illustrèrent le ciel de couleurs simultanées. On dirait une nuée d’oiseux au plumage multicolore qui tourbillonnaient et planaient çà et là. C’était à dire vrai une histoire événementielle, un conte incontestable. C’était la découverte d’un trésor. On était parti là-bas dans le but d’explorer ce phénomène qui était caché quelque part. C’était la rétrocession d’un droit acquis. C’était un événement historique qui restera enregistré dans la mémoire des jeunes marocains et marocaines toute la vie durant. Chaque année, nous participons à cette fête qui est l’historique d’une affaire prépondérante. C’était sans nul doute la manifestation de la vérité. Grâce aux hommes braves de cette aventure, le Sahara n’appartient à personne. Il est à nous maintenant. Enfin nous voilà rendus. Le peuple marocain vivra sous l’autorité ultime de son souverain. Je continue mon récit. Je n’oublie pas le rôle important de la femme marocaine qui avait elle aussi participé à cette marche qui s’était passée dans le calme et la paix. Tous les marocains hurlaient : (vive le roi Hassan II, le héros de la liberté et de l’Islam) La colonie d’émigrés marocains suivaient avec furie, appétence le déroulement des événements. On dirait une bataille ardente qui se déroulait à leurs yeux, mais tout était bien organisé à l’avance. On s’abandonnait à des manifestations de joie. C’était miraculeux ! Ah ! Si nous y avions participé nous aussi ! Dieu soit loué, c’était une marche à couvert, sous la protection civile et militaire. Dieu était notre protection et notre aide. Ce n’était pas un voyage belliqueux. Non, les soldats n’y étaient pas allés pour guerroyer mais pour défendre le territoire des gens farouches qui avaient l’intention de le réoccuper, mais c’était un échec, une défaite pour eux et une fête victorieuse pour la génération future. Après un accord parfait, l’Espagne restitua au Maroc ses territoires qu’il avait revendiqués à titre juridique. Maintes fois les soldats ont été attaqués traitreusement par un groupe de mercenaires poussés par le front du Polisario mais leur agression a été rendue au décuple. C’était dans le but de créer une république fantoche par une populace de pseudo-sahraouis mais leurs vains efforts n’avaient abouti à rien. Et malgré leur malignité, ceux-ci n’avaient pas pu réaliser leur rêve car les sahraouis avaient agi astucieusement contre toute attaque. Ils réclamaient toujours leur marocanité et attestaient qu’ils étaient de race marocaine, en chair et en os. Le cri fallacieux de ces pusillanimes, de ces lâches n’arrivaient jamais à leurs oreilles car ce n’était que du bruit, que des rumeurs, que de la félonie quelque fut la rudesse de leur caractère. En dépit de leur démarche maladroite, leur bouillonnement, ces poltrons n’atteindront jamais leurs limites quelque habiles qu’ils soient. Les sahraouis n’auront plus l’idée de changer leur nationalité quoiqu’il en soit. Le Sahara restera terre marocaine et le demeurera pour jamais advienne que pourra. Le Maroc est devenu aujourd’hui un pays très vaste, peuplé par des habitants assidûment conscients. Tous les sahraouis ont décidé de vendre cher leur peau pour la cause de Dieu afin de vivre sur ce propre sol en toute tranquillité. Ils sont en ce cas de vrais marocains ou plutôt des autochtones. Nous vivrons donc tous sur un même sol, en confiance. Notre symbole est : (Dieu, la patrie, le Roi). Le Sahara est le pays que tout le monde adore. Pour le soutenir contre toute agression, il faut redoubler d’efforts. Son sol n’est plus miné, il est balayé de toute nuisance tel un champ sarclé. C’est le territoire de nos ancêtres. Nous ne le cèderons à personne même si on nous le demandait à l’article de la mort. Il faut endurer de fortes douleurs afin de le libérer des mains lancinantes de l’ennemi qui nous épie à tout le moment comme un chat qui guette l’oiseau .Une poignée de son sable doré emplit le cœur de joie. Une bouffée de son air salubre vaut ce qu’or vaut. Comme il est merveille de voir son désert formé de collines de sable fin amoncelé par les vents ! Comme on aimerait y aller se bronzer ! Une goutte de lait trait de frais de la mamelle de la chamelle opère le cœur comme le foie qui sécrète la bile. Une gorgée d’eau tirée de son Oasis apaise d’affilée la soif. Une seule datte de son palmier-dattier calme les nerfs. Tout le monde admire son étendue pareille à celle des mers. Son air est clair et doux, son climat est un lieu physique, un milieu intellectuel et moral. Chaque année des centaines de touristes viennent visiter ses provinces merveilleuses. On arrive de tous les pays étrangers pour apprécier les saveurs par le sens du goût car les européens aiment beaucoup la cuisine marocaine. En fin de compte, mon souhait et mon espoir est de rester fidèle à mes habitudes jusqu’à la dernière goutte de mon sang. Et le chemin est long du projet à la chasse. Que Dieu couvre de sa clémence feu Mohamed V, combattant de la liberté, qu’il ait en sa sainte miséricorde le Roi Hassan II, libérateur du Sahara, qu’il réserve notre patrie de ses biens, qu’il la sauve de tous les périls qui la menacent, qu’il glorifie notre chef suprême Mohamed VI, qu’il lui accorde une longue vie et qu’il assiste par un effet de sa grâce son héritier Moulay Al Hassan et tout le membre illustre de la famille royale, qu’il étende sa pitié sur les soldats qui avaient fait couler leur sang pour leur patrie et qu’il fasse vivre jusqu’au terme qu’il voudra tous ceux, et toutes celles qui avaient participé à cette fête miraculeuse In-cha-Allah. Telle est la fin de l’histoire.

Sujet écrit par Moumni, enseignant retraité, demeurant à Zaio, Hay Sidi Othman, province de Nador. (Maroc)